- le 24/01/2013 à 20:00
Something out of Apocalypse Something out of Apocalypse
de Pierre Jodlowski
Pascal Contet, accordéon
Borusan Müzik House
Istanbul (Turquie)

Something out of Apocalypse, pour accordéon et bande son
Commande de Pascal Contet et du Festival Musiques Démesurées / Création le 18 novembre 2012 au festival Musiques démesurées de Clermont-Ferrand
Pascal Contet : accordéon
+ œuvres de Philippe Hurel, Arne Nordheim, Bruno Mantovani, Jacques Rebotier et Franck Bédrossian.
"J'ai découvert Apocalypse Now, chef d'œuvre de Coppola, d'abord par le son ;
disque vinyle, abîmé, scratches permanents recouvrant presque les voix de Willard ou du Colonel Kurtz ;
j'ai aussi lu par la suite Au cœur des Ténèbres de Conrad, le livre adapté par Coppola pour son film.
Enfin, quelques années plus tard, j'ai découvert le film, dans un cinéma de banlieue sordide, nous étions peu dans la salle…
Que reste t-il de cette Apocalypse ?
L'impression d'un mouvement de l'esprit à la fois incontrôlable et terriblement efficace… le son insupportable de la voix enregistrée de Kurtz au début du film… une vrai leçon sur la guerre et l'absurde… la puissance émotionnelle… la puissance irrationnelle… la jungle et le fleuve… l'homme en perdition…
J'ai retrouvé ce vinyle, abandonné à son triste sort d'objet obsolète alors que je cherchais le matériaux thématique de cette œuvre. Et je suis parti dans les sillons abîmés avec une envie de bribes, de fragments… La mémoire de ce film est ainsi venu côtoyer celle de cet instrument si singulier, l'accordéon. Lui aussi en état d'Apocalypse, usé par son passé iconique : encore aujourd'hui, dans les films étrangers qui évoquent la France, on entend presque obligatoirement de l'accordéon alors qu'un chaland traverse un boulevard une baguette de pain sous le bras !
Cette œuvre avance donc à la fois autour d'un état nostalgique (l'instrument étant pris pour ce qu'il fût, fragments récupérés de vieux bals de villages) en même temps qu'une énergie étrange, assez incontrôlable qui avance sans trop de liens au travers d'un espace onirique où l'on continue d'entendre des coups de canons, des cris et des guitares saturés."
Pierre Jodlowski
Cette œuvre est dédiée à Pascal Contet.